Le commerce maritime, si fort et si fragile
Systématiquement chahuté par les crises géopolitiques, le transport maritime mondial n’en reste pas moins l’épine dorsale du commerce international. Ce sont en effet sur les eaux que transitent plus de 80% des marchandises du globe. La flotte mondiale est à l’aune de cette prévalence: la Cnuced (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement) l’évaluait à 112.500 navires de commerce au 1er janvier 2025 pour un trafic annuel de près de 13 milliards de tonnes en 2023. Le moteur principal du secteur reste le transport de matières lourdes et énergétiques telles que le pétrole, le gaz, le charbon, le minerai de fer et les céréales. Les conteneurs, eux, acheminent une part prépondérante de la consommation mondiale de biens manufacturés. Certains géants des mers atteignent désormais 400m de long pour plus de 60m de large et un volume de 24.000 «boîtes» transportées.
AUSSI EFFICACE QUE VULNÉRABLE
Ce système d’échanges mondiaux est aussi efficace qu’il est vulnérable. Quelques points de passage concentrent une part majeure des échanges: le désormais célèbre détroit d’Ormuz, situé entre l’Iran et les états du golfe persique — par lequel transitent habituellement 20% du pétrole et du gaz, ainsi que 33% des engrais échangés dans le monde — celui de Malacca (Indonésie), le canal de Suez (Égypte) et le passage de Bab el-Mandeb (mer Rouge) notamment. Toute perturbation de ces routes est susceptible d’engendrer un allongement des délais de livraison, une augmentation des coûts, une désorganisation des chaînes logistiques mondiales voire des pénuries majeures, notamment dans le cas du transport d’hydrocarbures. Le commerce maritime mondial est donc un colosse aux pieds d’argile. Pris dans des enjeux qui dépassent largement les secteurs de l’économie et des transports et malgré une organisation impressionnante, il reste fortement soumis aux aléas géopolitiques et, l’actualité le prouve, nettement plus exposé aux chocs qu’il ne l’était il y a quelques années.
(Sources: Cnuced, Marines & Océans, Géo, Le Figaro).

