L’OGE interpelle le gouvernement
Si l’Ordre salue la mobilisation de l’État face à la crise du logement, la profession regrette de ne pas être davantage associée aux travaux conduits par le gouvernement. C’est pourquoi l’institution a souhaité taper du poing sur la table, en rappelant que les géomètres-experts interviennent quotidiennement dans la production foncière aux côtés des collectivités, aménageurs, promoteurs, bailleurs et particuliers. Dans cet écosystème, leur expertise constitue un maillon essentiel de la chaîne de production des logements. La présidente de l’Ordre rappelle pourtant que dix années se sont écoulées «sans aucun échange entre la profession et le ministre en charge de sa tutelle», alors même que les géomètres-experts sont investis d’une mission de service public et interviennent au cœur des problématiques foncières.
La lettre énumère ensuite plusieurs questions relatives à la place accordée à la profession dans les politiques publiques. «Comment prétendre accélérer la production de logements sans entendre celles et ceux qui créent les unités foncières nécessaires à leur réalisation?», interroge notamment Séverine Vernet. La présidente estime qu’il n’est pas possible de «répondre durablement à la crise du logement sans mobiliser l’expertise de celles et ceux qui connaissent les réalités foncières de nos territoires».
NE PAS SE PRIVER D’UNE EXPERTISE
L’Ordre rappelle en outre que «le foncier n’est pas une variable d’ajustement de la politique du logement. Il en est le point de départ». Avant toute construction, rappelle la présidente, un terrain doit être identifié, analysé, divisé, sécurisé juridiquement et rendu opérationnel. Au-delà de la seule reconnaissance de la profession, le courrier plaide pour un renforcement du dialogue entre l’État et les corps intermédiaires. «L’État ne peut se priver durablement de cette expertise», écrit Séverine Vernet, estimant que les défis du logement «appellent davantage de coopération entre l’État et les corps intermédiaires, non davantage de distance».
Enfin, la lettre s’achève par un appel à une meilleure mobilisation de l’expertise des géomètres-experts dans l’élaboration des politiques foncières, du logement et de l’aménagement du territoire, «dans l’intérêt des territoires», «de l’efficacité de l’action publique» et «des millions de Français qui attendent que la crise du logement trouve enfin des réponses à la hauteur des enjeux qu’elle soulève».

