Évasion

Gamcheon : le village ressuscité

Le mardi 31 mars 2026
© Kapook2981 / iStock

Perché dans le district de Saha, en bordure de la zone portuaire de Busan, en Corée du Sud, le village de Gamcheon est installé à flanc de colline. Les premières habitations émergent dans les années 1920-1930, mais c’est la guerre de Corée (1950-1953) qui façonne véritablement la physionomie du quartier. Des milliers de réfugiés, fuyant l’avancée nord-coréenne, s’installent alors à Busan — dernière ville restée sous contrôle sud-coréen — et bâtissent dans l’urgence des centaines de maisons de fortune. Il en résulte une morphologie urbaine tout à fait singulière, avec des constructions empilées les unes sur les autres, des rues en labyrinthe serpentant au gré du relief, une densité anarchique mais dotée d’une certaine cohérence visuelle.

 

DE BIDONVILLE À GALERIE D’ART
Avec l’industrialisation, Gamcheon comptera jusqu’à 30.000 habitants, avant de se vider progressivement, retombant à quelque 8.000 âmes, et de s’enfoncer dans la pauvreté et le délabrement. En 2009, le gouvernement sud-coréen lance un ambitieux projet de revitalisation artistique, le «Miro Miro Project», qui mobilise artistes, étudiants en arts et habitants pour transformer les ruelles délabrées en une galerie à ciel ouvert. Un conseil des habitants est créé, chargé de la réparation des maisons, de l’entretien des rues, du développement des commerces locaux. Les façades sont repeintes, les passages réinventés, les murs couverts de fresques.
Aujourd’hui, le «Gamcheon Culture Villages» s’impose comme l’autre visage de Busan, avec ses maisons multicolores à flanc de coteau, ses ruelles étroites, ses galeries d’art, ses installations murales. Ce qui fut autrefois un bidonville est devenu un cas d’école de régénération urbaine par la culture et la participation active des habitants au projet de réhabilitation.

 

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